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Lead Belly’s Gold
Eric Bibb & Jean-Jacques Milteau

Mon premier est un bluesman, mais pas que… Mon second est le meilleur technicien français de l’harmonica et joue souvent avec mon premier. Mon troisième est une légende du Blues et de la Folk, poète et bagarreur, sorti du sombre pénitencier d’Angola en Louisiane par les Lomax dans les années 30 avant de devenir une vedette internationale à la fin des années 40. Mon tout est l’excellent album réalisé par Eric Bibb et Jean-Jacques Milteau, hommage à Huddie Ledbetter alias Leadbelly.

Il est presque étonnant que ce disque n’arrive que maintenant tant l’univers artistique d’Eric Bibb me semble coïncider avec celui de Leadbelly. Bluesman tous deux, mais dont la musique baigne tout autant dans la Folk. Pete Seeger, pionnier de la scène Folk newyorkaise, peut d’ailleurs apparaître comme le trait d’union entre les deux puisqu’il a joué avec Leadbelly et côtoyé le jeune Eric Bibb chez ses parents.

Enregistré pour partie en public au Sunset à Paris et en studio (sans que l’on y entende la moindre différence), le disque revisite et rajeuni le répertoire de Leadbelly sans jamais en dénaturer la substantifique moelle dont bien des paroles sont encore malheureusement d’actualité. Nos deux compères ajoutent même leur pierre à l’édifice en y incorporant trois compositions qui s’insèrent parfaitement dans le répertoire de Leadbelly. L’harmonica de Jean-Jacques Milteau complète à la perfection le chant et les parties de guitare d’Eric Bibb tandis qu’au gré des titres, Big Daddy Wilson et Michael Robinson viennent compléter les voix. N’hésitez pas à casser votre tirelire pour vous procurer ce disque et à aller les voir sur scène, vous ne devriez pas être déçus.


Album Lead Belly’s Gold Eric Bibb & Jean-Jacques Milteau

Crosseyed Heart
Keith Richards

Plus de vingt ans qu’il ne s’était pas livré à l’exercice de l’album solo. Les deux précédents essais n’avaient pas été totalement concluants alors que pouvait-on attendre d’un disque de Keith Richards ? Pas grand-chose. Ce n’est pas sans crainte que j’ai glissé le CD dans le lecteur. L’homme a tellement donné… Tout faux ! Pour moi, bien entendu… « Crosseyed Heart » est un album magnifique. Il semble avoir été taillé pour les Stones, dans un grand crû. C’est d’ailleurs à son écoute que l’on peut se rendre compte à quel point l’empreinte du « riff humain » est profonde sur le groupe. Même la voix de Keith y devient agréable et audible.

N’attendez rien de nouveau ou de révolutionnaire. C’est juste du Rock, du Blues agrémentés de ballades, de Reggae (sur un titre), mais ça fait vraiment du bien aux oreilles et à l’âme. Le cœur de Keith Richards bât encore fort pour ce qui l’a toujours fait vibrer. Ni vide artistique, ni désabusé, revenu de tout, mais toujours prêt à s’enthousiasmer. Le rock n’est pas totalement mort, sa carcasse bouge encore… Hard Again !

Bien souvent composés à quatre mains avec son vieux complice le batteur Steve Jordan, « Crosseyed Heart » est l’occasion pour Keith Richards de s’entourer de quelques artistes bien connus, comme le guitariste Waddy Wachtel, Ivan et Aaron Neville ou Norah Jones avec qui il interprète un très bel « Illusion ». C’est aussi sur ce disque que l’on pourra entendre les dernières notes de saxophone jouée par Bobby Keys, le vieil ami disparu en décembre 2014. Seule ombre au tableau, l’unique reprise du disque, le « Goodnight Irene » de Leadbelly qui n’aurait pas manquée au disque si elle n’y figurait pas. Bien peu de choses …


Album Crosseyed Heart Keith Richards

D-Stringz
Jean-Luc Ponty, Stanley Clarke & Biréli Lagrène

Label histoire tout acoustique. Impulse, "The new wave in Jazz" version 2015, renoue avec sa tradition : favoriser les rencontres. Absolument dans ses cordes, avec D-STRINGZ, le nouvel album d'un trio de jazzmen d'exception. Celle d'un violoniste, un précurseur qui, incompris à son époque, s'exila pour continuer à s'inventer ; d'un contrebassiste qui propulse sur son "grand violon" un son de basse à nul autre comparable et d'un guitariste dont le prénom seul suffit à faire vibrer les cordes. Jean-Luc Ponty, Stanley Clarke & Biréli Lagrène bien sur ! Ensemble, ils revisitent des standards (Coltrane, Django, Cannonball Adderley…) et un choix de leurs compositions. (D-Stringz - Nov. 2015 - Impulse / Universal Music France)


Album D-Stringz Jean-Luc Ponty Stanley Clarke Biréli Lagrène
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